Ce
verset est tiré du début de la deuxième partie de la sourate
« L’araignée », une sourate révélée à La Mecque, et qui compte 69
versets après la basmallah[2].
Elle tire son titre d’une parabole figurant dans l’un de ses versets, comparant
les infidèles et les associateurs qui ont recours à des protecteurs autres
qu’Allah, à l’araignée qui cherche refuge dans sa toile qui est la maison la
plus fragile qui soit. L’araignée n’est mentionnée qu’à cet endroit dans le
Coran.
Le
thème principal de cette sourate est celui de la foi, et du prix que les
croyants doivent parfois payer à cause de leur ferme attachement à la religion
d’Allah et du fait qu’ils invitent autrui à embrasser cette religion. Il s’agit
des conséquences de la lutte inévitable entre le faux et ses partisans, et la
vérité et ses défenseurs. Et pour illustrer cette loi propre à cette vie sur
Terre, la sourate relate les histoires de certains prophètes et messagers
d’Allah, et les obstacles qu’ils rencontrèrent pour avoir invité à embrasser la
religion d’Allah. La sourate présente également des personnages et des
communautés qui ont fait preuve d’injustice et d’arrogance, et raconte comment
elles furent saisies pour leurs péchés. La sourate montre la bassesse des
infidèles et des associateurs, et les prend en exemple. Elle établit une
relation entre la vérité dans la religion d’Allah et la vérité dans les cieux et
sur Terre. Elle insiste sur l’unicité d’Allah (qu’Il soit exalté), l’unicité des
messages divins, et invite les croyants à s’accrocher fermement à leur foi ou à
émigrer avec leur religion en temps d’impiété. La sourate insiste également sur
la grande valeur du djihad et de ceux qui luttent dans le sentier d’Allah, ainsi
que sur la nécessité des épreuves, sur la responsabilité individuelle, et sur le
fait que chaque individu assume les conséquences de ses actions. La sourate
parle du sort des croyants, de celui des hypocrites et des infidèles, et conclut
en annonçant la bonne nouvelle à ceux qui luttent dans le sentier d’Allah et par
l’annonce qu’Allah les soutient.
Chacune
de ces vérités mérite d’être traitée à part. J’aborderai ici la question de la
fragilité de la maison de l’araignée qu’Allah utilise dans la parabole qui
figure au verset 41 de la sourate
« L’araignée ». Mais tout d’abord, il convient d’exposer brièvement
les paroles de certains exégètes à propos de la signification du verset
coranique.
{Ceux
qui ont pris des protecteurs en dehors d’Allah ressemblent à l’araignée qui
s’est donnée maison. Or la maison la plus fragile est celle de l’araignée.
Si seulement
ils savaient!
}
(TSC,
Al-‘Ankaboût ‘L’araignée’: 41)
L’araignée
est un animal de l’embranchement des arthropodes, de la classe des
arachnides qui comprend à la fois l’ordre des araignées et d’autres ordres dont
l’ordre des scorpions, des limules et des tiques.
Le
corps de l’araignée est composé d’une partie antérieure segmentée comprenant la
tête et le thorax soudés, et une partie postérieure non segmentée constituée de
l’abdomen. La partie antérieure comporte quatre paires de pattes, une paire de
pédipalpes et une paire de chélicères en forme de pinces ou de crochets
contenant des glandes vénéneuses. La partie antérieure du corps est séparée de
la partie postérieure par un rétrécissement du corps, le pédicelle.
L’araignée
a des yeux primitifs, au nombre variable qui peut aller jusqu'à huit. C’est
un prédateur qui se nourrit
d’insectes. Son épiderme est recouvert d’une cuticule rigide épaisse couverte de
poils, qui mue sept à huit fois avant d’atteindre la maturité. Les zoologistes
connaissent aujourd’hui plus de 30 000 sortes d’araignée qui se distinguent les
unes des autres par des différences de taille (de moins d’un millimètre à 90
millimètres), de forme et de couleur. La plupart d’entre elles vit sur la terre,
solitairement en général, sauf aux moments de l’accouplement et de l’éclosion
des œufs. L’habitat de l’araignée s’étend du niveau de la mer jusqu'à 5 000
mètres d’altitude. L’araignée possède trois paires d’excroissances mobiles sous
l’abdomen qui sont perforées de minuscules orifices, les filières, d’où s’écoule
le liquide grâce auquel elle tisse les fils de la toile qu’elle habite. Cette
substance liquide qui provient d’un certain nombre de glandes spécialisées, sort
du corps de l’araignée par les filières du postérieur, et sèche aussitôt qu’elle
se retrouve à l’air pour produire différentes sortes de fils, de longueur et
solidité variables, selon les glandes qui les ont
secrétés.
L’araignée
demeure dans sa toile où elle s’emploie à toutes ses activités. Elle prend
parfois une cachette en dehors de sa toile, reliée à la toile par un fil appelé
fil du piège. En cas de danger, cette cachette lui sert d’abri.
Le
dictionnaire Lissân al-‘arab mentionne au terme ‘ankab
que al- ‘ankaboût est une petite bête qui tisse dans l’air et sur les
margelles des puits une toile fine et lâche; c’est un mot féminin, et a
peut-être été mentionné dans un poème. La maison de l’araignée est appelée
al-‘akdbah. Al-Farra’ a dit : al- ‘ankaboût est féminin, et
masculin pour certains parmi les arabes ; le pluriel est
al-‘ankaboûtât, et al-‘anâkib, et al-‘anâkîb. Son
diminutif est ‘anîkb, et dans la langue yéménite ‘aknbâh ou ‘ankbâ’ et
‘ankboûh. Sibaouîh a dit : ‘ankbâ’ montre l’ajout du ta’ dans
‘ankaboût. Et je ne sais pas si le nom est singulier ou pluriel. Ibn
‘arabî a dit : al- ‘ankab est masculin, et
al- ‘ankabah est féminin. On dit : al- ‘ankab est le
genre des araignées et al- ‘ankaboût est masculin ou féminin. Al-
moubarad a dit : al-
‘ankaboût est féminin ou masculin. L’opinion la plus répandue est que al-
‘ankaboût désigne un nom féminin singulier, et son pluriel est
al-‘anâkib.
Le
titre de la sourate mentionnant l’araignée au singulier, est une allusion au
fait que cette petite bête vit solitaire, à l’exception de la période de
l’accouplement, et aux moments de l’éclosion des œufs. En revanche les deux
sourates « Les abeilles » et « Les fourmis » ont leurs
titres au pluriel, en accord avec le fait que ces insectes vivent en
société.
Dans
ce verset coranique est clairement mentionné le fait que c’est la femelle
araignée qui tisse la toile. Cette tâche incombe donc à la femelle dont le corps
est doté de glandes qui secrètent la substance soyeuse servant au tissage de la
toile. Le mâle participe cependant parfois aux opérations de construction, de
restauration ou d’élargissement. Mais l’opération reste essentiellement la
responsabilité de la femelle. Il s’avère ainsi que les paroles de Al-Haqq (l’un des noms d’Allah signifiant la
vérité) (qu’Il soit exalté) {l’araignée
qui s’est donnée maison…} constituent
un miracle scientifique.
Ce
texte coranique miraculeux mentionne un certain nombre de vérités importantes.
En voici quelques-unes :
(1)
Le
fait que la maison de l’araignée est la maison la plus fragile qui soit d’un
point de vue purement matériel car elle se compose d’un ensemble de fils de soie
extrêmement fins, entrecroisés de sorte qu’ils laissent de grands intervalles
dans la plupart des cas. La toile ne protége donc ni de la chaleur du soleil, ni
du froid intense. Elle ne produit pas une ombre suffisante, n’abrite ni des
pluies, ni des vents, ni des dangereux prédateurs, en dépit du prodige que
constitue sa construction. Car les fils de la toile sont de soie très fine,
puisque leur épaisseur moyenne est 6.54 millionième de pouce carré, ce qui
représente un quart du millième de l’épaisseur d’un cheveu humain. Mais en dépit
de leur extrême finesse, ces fils sont cinq fois plus solides que des fils
d’acier de même épaisseur, et se distinguent par une résistance à la traction,
par unité de volume ou de poids de fils testé, plus grande que celle de l’acier.
De plus les études récentes ont démontré que le fils de soie de l’araignée de
type néphile, appartenant à la famille des aranéides, est trois fois plus solide
que les fibres de kevlar, une résine dérivée du pétrole utilisée pour la
fabrication des gilets pare-balles. La soie produite par les araignées est donc
un des matériaux les plus solides sur Terre, puisqu’elle supporte une traction
qui peut atteindre 42 000 kg/cm² ce qui lui donne une très grande ductilité et
la capacité de piéger les insectes qui sont ses proies sans se déchirer. En
effet l’araignée construit sa toile avec des tresses qui comprennent chacune
plusieurs fils tressés et assemblés solidement. Pour cette raison, notre
Seigneur a dit {la maison la plus fragile} et non pas « les
fils les plus fragiles ». En effet malgré la solidité des fils de la toile
d’araignée, la toile reste la maison la plus fragile et la plus
faible.
(2)
D’un
point de vue moral, la maison de l’araignée est la maison la plus fragile qui
soit, car c’est un foyer qui ne connaît ni l’amour, ni la miséricorde qui sont à
la base de toute famille heureuse. En effet la femelle de certains types
d’araignées se débarrasse de son partenaire mâle juste après avoir été fécondée,
en le tuant et en dévorant son cadavre car elle est plus grosse et plus vorace
que lui. Et dans certains cas, la mère dévore ses petits sans pitié. Il arrive
également que la femelle meurt après la fécondation de ses œufs qu’elle enferme
dans un sac de soie, et lorsque les œufs éclosent, les petits se retrouvent
serrés dans la poche de soie très encombrée par toute cette couvée. C’est alors
que les frères se mettent à se battre pour la nourriture, la place, ou les deux,
et s’entretuent ainsi jusqu'à ce qu’il ne subsiste plus que quelques araignées à
la fin de cette bataille. Celles-ci se mettent alors à muer, et à déchirer les
parois du sac à œufs, puis les araignées sortent l’une après l’autre après cette
expérience malheureuse et s’éloignent. Les femelles se mettent à construire leur
toile, tandis que de nombreuses araignées périssent en chemin. Celles qui
survivent répètent la même tragédie qui fait de la maison de l’araignée la
maison la plus brutale et cruelle qui soit, une maison dénuée de toute attache
familiale. Ainsi Allah (qu’il soit exalté) a pris cette maison comme exemple de
fragilité et de faiblesse, à cause de l’absence de toute miséricorde entre les
membres de cette maisonnée, entre les parents, entre la mère et ses petits,
entre les frères et sœurs !!
Ces
vérités n’étaient connues d’aucune créature à l’époque de la révélation, et sont
restées inconnues pendant des siècles. Elles ne furent découvertes qu’après des
études approfondies sur le comportement des araignées, études qui nécessitèrent
le travail de centaines de spécialistes durant des dizaines d’années. Et ce
n’est qu’au cours des dernières décennies du vingtième siècle que ces études
aboutirent. Voilà donc la raison pour laquelle notre Seigneur (qu’Il soit
exalté) termina le verset avec ces paroles :
{Si
seulement ils savaient!}
Ainsi
par sa description de la maison de l’araignée comme la maison la plus fragile
--description révélée à un prophète illettré (BP sur lui), dans un peuple dont
l’immense majorité était illettrée, il y a 1 400 ans -le Coran devance la
science. Ainsi on ne peut raisonnablement concevoir d’autre source à cette
science qu’Allah, le Créateur, qui a fait descendre le Saint Coran et l’a révélé
au dernier de ses prophètes et envoyés, puis l’a préservé intact comme Il s’y
est engagé, dans la langue où il fut révélé (l’arabe) durant un peu plus de
quatorze siècles. Et il en sera ainsi jusqu’à ce qu’Allah hérite de la Terre et
de ceux qui l’habitent, afin que ce précieux Livre demeure un argument
indéniable pour toute l’humanité jusqu’au jour de la résurrection, afin que la
vérité qu’il contient témoigne de ce que le Saint Coran est la parole d’Allah le
Créateur, et témoigne aussi de la prophétie et du message du dernier des
prophètes et envoyés. Lui, qui a communiqué le message avec intégrité, a été un
guide pour sa nation, a lutté dans le sentier d’Allah jusqu’à ce que lui vienne
la certitude ! Nous implorons Allah (qu’Il soit exalté), de lui réserver la
meilleure récompense qu’ait reçu un prophète pour sa nation, ou un messager pour
l’accomplissement de sa mission. Qu’Allah lui accorde le moyen d’intercession,
l’excellence et un rang élevé, et qu’Il l’élève au rang louable qu’Il lui a
promis, car mon Seigneur ne manque jamais à sa promesse. Et pour finir, louange
à Allah, Seigneur des mondes, prière, paix et bénédiction sur notre prophète
Sayyedna Mohammed, sur sa famille, ses amis et ceux qui suivent sa voie et
implorent comme il l’a fait, jusqu’au jour de la
Rétribution.
[1] TSC :
Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus
connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace
nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint
Coran.(NdT)
[2]
Formule qui débute toutes les sourates exceptée la
9ème
(NdT)