Ce
verset figure dans le premier quart de la sourate Al-An’âm (les bestiaux), une sourate révélée à la Mecque qui
compte 165 versets après la « basmallah » (formule qui débute toutes
les sourates exceptée la 9ème). Comme son nom l’indique, cette sourate fait
allusion aux bestiaux, et dans l’un de ses versets est énoncé l’un des principes
fondamentaux de la classification des diverses formes de vie.
Et
comme dans toutes les sourates révélées à La Mecque, l’accent est mis sur les
principes de la foi islamique. Mais on y trouve aussi des législations, ainsi
que des allusions à des nations qui ont péri, à leurs attitudes envers les
prophètes qu’Allah (qu’Il soit exalté) leur a envoyés pour les guider, et au
fait qu’aucune de ces nations n’a pris en compte le châtiment qui frappa les
nations qui les précédèrent et qui furent anéanties à cause de leur
désobéissance aux ordres divins. Ainsi est mis en évidence le fait que les
hommes sont inattentifs et limités dans leurs perspectives des
choses.
Tous
ces sujets, qui nécessitent d’être traités un par un, font partie des sciences
cosmiques. Nous allons nous contenter d’aborder le deuxième point de cette
liste, qui indique que toutes les formes de vie qui furent créées en communautés
présentent une similitude avec les communautés humaines, de part leur provenance
d’un père unique et d’une mère unique, et de part l’association de ses membres
en une communauté. Ce point est abordé par le verset 38 de la sourate « Les
bestiaux ». Mais tout d’abord il convient d’exposer brièvement les paroles
de certains exégètes à propos de la signification du
verset.
{Nulle
bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous
en communauté.
Nous
n’avons rien omis d’écrire dans le Livre. Puis, c’est vers leur Seigneur qu’ils
seront ramenés.
}
Ibn
Kathîr
(qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde) mentionne, dans le résumé de son exégèse:
[…] Mujâhid a dit : Tous les genres répertoriés sont identifiés par leurs
dénominations. Et Katâdah a dit : Les oiseaux forment une communauté, les
hommes forment une communauté, et les djinns forment une communauté. Et As-Sadî
a dit : {qui ne soit comme vous en communauté} c’est à dire
qui ne soit créée comme vous.
Tiré
du « Adhilâl » (qu’Allah accorde à son auteur Sa miséricorde)
l’extrait suivant dit:
Il
s’agit d’une vérité colossale… une vérité qui rassemble les animaux, les
oiseaux, les insectes autour d’eux en communautés…communautés qui ont leur
traits particuliers, leurs caractéristiques, ainsi que leurs modes
d’organisations…et c’est la vérité que l’homme appréhende de mieux en mieux avec
ses progrès en science, sans que ses connaissances n’affectent en rien la source
de cette vérité. A côté de cette vérité, il y a une vérité invisible,
inconnaissable (ghaybiyyah), en rapport avec la première, qui est le fait que la
science d’Allah embrasse toute chose, et qu’Il arrange toute chose... et c’est
la vérité dont témoigne cette vérité-là que nous
observons...
Dans
un extrait de « Safwat Al-Bayân li ma’ânî al-qur’ân », son auteur
(qu’Allah lui accorde Sa miséricorde) note :
{qui
ne soit comme vous en communauté} diverses communautés, semblables à
vous par la création, la mort, par leur besoin de Nous (Allah) pour leur
subsistance et l’arrangement de toutes leurs affaires, et dans lesquelles réside
la preuve de (Notre) capacité parfaite, et de la création admirablement
assujettie et arrangée de par Notre pouvoir…
Le
nombre d’espèces vivantes connues à ce jour par les biologistes s’élève à
un million et demi d’espèces, vivant dans différents milieux, dans l’eau, sur
terre, et dans l’air. A ce nombre s’ajoutent environ 250 000 espèces vivantes
primitives découvertes par les spécialistes des fouilles archéologiques. Au
rythme annuel des découvertes dans ces deux domaines, les spécialistes estiment
que le nombre total d’espèces vivantes sur notre planète pourrait atteindre les
quatre millions et demi d’espèces. Or chaque espèce compte des milliards
d’individus vivants ou ayant vécu dans les générations successives. La durée de
survie moyenne d’une espèce varie entre 500 000 et 5 millions d’années (2 750 000 années
en moyenne), et la trace de vie la plus ancienne remonte à 3 milliards 800
millions d’années. Ainsi, quels que soit les progrès scientifiques réalisés et
les moyens de dénombrement disponibles, on réalise la difficulté de suivre
chacun des milliards d’individus appartenant aux millions d’espèces. C’est ainsi
qu’est apparue la nécessité de la classification mentionnée dans la sourate
« Les bestiaux » dans le verset :
{Nulle
bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous
en communauté.
Nous
n’avons rien omis d’écrire dans le Livre. Puis, c’est vers leur Seigneur qu’ils
seront ramenés.
}
(Al-An’âm ‘Les bestiaux’: 38)
Le
verset indique que l’unité fondamentale de la classification est l’espèce, qui
se divise en communautés comprenant un certain nombre d’éléments de cette espèce
vivant dans une région donnée sur terre (une communauté donnée). Les hommes se
divisent en différentes races, chaque race représentant une communauté. Et
toutes ces communautés ont une origine unique, un père unique Adam (la paix soit
sur lui) qu’Allah (qu’Il soit exalté) a décrit en ces termes dans le
Coran :
{Ô
hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de
celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait
répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom
duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du
sang. Certes Allah vous observe parfaitement.} (An-Nissâ’ ‘les femmes’
:1)
{C’est
Lui qui vous a créés d’un seul être dont il a tiré son épouse, pour qu’il trouve
de la tranquillité auprès d’elle;} (Al-A’râf :
189)
{Il
vous a créés d’une personne unique et a tiré d’elle son épouse. Et Il a fait
descendre [créé] pour vous huit couples de bestiaux.} (Az-Zoumar ‘Les
groupes’ :6)
Et
le dernier des prophètes et des envoyés (BP sur lui) décrit cette origine unique
de l’humanité en ces termes : « Vous êtes tous d’Adam, et Adam est
de terre.»
Le
verset que nous étudions indique que de même que les hommes se divisent en
différentes races qui représentent chacune une communauté, toutes ces
communautés ayant une origine commune et unique, toutes les espèces vivantes se
divisent également en groupes ou communautés (populations) ayant une origine
unique. Ceci vient confirmer la multiplicité des communautés à l’intérieur d’une
même espèce, ainsi que le fait que chaque espèce est indépendante de l’autre,
même s’il y a une certaine ressemblance dans les structures, ressemblance qui
nous rappelle l’unicité du Créateur (qu’Il soit exalté). Toute la création, de
l’atome au système solaire, aux galaxies, et depuis la cellule vivante jusqu’au
corps humain, tout cela est bâti selon une même et unique ordonnance, un système
unique où la parité a une place évidente. Toute la création témoigne que le
Créateur (que Ses Noms soient sanctifiés) en est l’auteur, le Dieu, le Seigneur,
et qu’Il est l’Unicité absolue au dessus de Sa création.
Pour
tenter de cerner ces quantités innombrables de créatures, les biologistes les
ont classées en deux grandes familles, les végétaux et les animaux. Cette
classification repose sur le fait que les végétaux principaux sont fixés au sol
par des racines, et Allah (qu’Il soit exalté) leur a donné la capacité de
produire eux-mêmes leur nourriture. Quant aux animaux, Allah leur a donné la
faculté de se mouvoir par eux-mêmes et de ramasser, d’ingurgiter, de digérer et
d’assimiler la nourriture obtenue d’autrui. Ce classement en deux grandes
familles domina jusqu’au début du vingtième siècle, en dépit de la découverte,
au moyen du microscope fabriqué au dix-septième siècle, de nombreuses créatures
vivantes difficiles à classer dans l’une ou l’autre des familles des végétaux ou
des animaux. Parmi ces créatures, se trouvaient de nombreux micro-organismes
unicellulaires dont certains s’apparentent aux végétaux, d’autres aux animaux,
d’autres aux deux. Ces organismes unicellulaires furent placés dans une famille
à part sous le nom de protistes. Avec la découverte des bactéries, il apparut
que celles-ci ne sont pas dotées de la structure cellulaire caractéristique des
trois grands règnes, les protistes, les végétaux et les animaux. Leur cellule n’est pas pourvue d’un
noyau différencié caractéristique des trois grandes familles, et les bactéries
s’apparentent en cela aux créatures primitives connues sous le nom d’algues
bleu-vert (cyanobactéries) qui sont des créatures unicellulaires, dépourvues de
noyaux différenciés. Leur matériel génétique se disperse dans le liquide de la
cellule de façon totalement indifférenciée.
De
même avec la découverte des virus, il est apparu qu’ils se distinguent aussi des
autres créatures. En effet, les virus vivent en parasite sur d’autres créatures,
et se reproduisent en introduisant leur matériel génétique simple dans la
cellule végétale, animale ou protiste. Le matériel génétique de ces créatures
primitives n’est pas bien différencié.
Ainsi
les êtres vivants furent classés en quatre règnes : Les monères, les
protistes, les végétaux, les animaux. Puis les études montrèrent que les
champignons diffèrent des protozoaires car ils absorbent leur nourriture à
travers les parois cellulaires comme les végétaux. Cependant les champignons ne
produisent pas par eux-mêmes leur nourriture comme le font les plantes, et ne
l’ingurgitent pas non plus comme les animaux. Il a donc fallu les séparer et les
classer dans un règne à part. Le nombre de règnes qui nous sont connus s’élève
donc à cinq :
Cette
classification basée sur l’observation expérimentale, même si elle est
imparfaite, est un moyen de répertorier, qui est utile aux chercheurs dans leur
travail de recensement des innombrables créatures vivantes. C’est pourquoi un
expert célèbre de nos jours dans ce domaine en parle
ainsi :
« Bien
que le système basé sur le fait qu’il y a cinq règnes soit le système préféré
dans ce livre, il n’est que le fruit de la raison humaine comme les autres
systèmes de classement, c’est donc pour cette raison qu’il est une tentative de
mettre des limites arbitraires à la nature. Et comme la nature se caractérise
par une grande diversité, faire des classements précis et cohérents s’avère
difficile et même impossible. » (Richard A. Goldzbi, «
Biology », Tome 1, 1980, p. 394)
Dans
un effort de simplification, qui mena en réalité à plus de complexité, chacun
des cinq règnes du vivant fut divisé en plusieurs embranchements qui furent
eux-mêmes divisés en classes. Les classes furent divisées en ordres qui furent
divisés en familles, puis en genres, puis en espèces, puis en variétés, puis en
lignées (souches) qui comprennent plusieurs individus.
Et
pour plus de complexité encore, chacune de ces unités fut divisée en trois, en
permettant l’ajout des préfixes « super » ou « sous », comme
super règne, règne, et sous règne, et ainsi de suite pour toutes les unités de
la classification proposée.
Tout
ceci s’avéra n’être qu’une tentative désespérée de la part des partisans de
l’évolution d’effacer la réalité de la création, en niant l’existence du
Créateur (qu’Il soit exalté) et en attribuant tout chose à la nature. Mais les
découvertes scientifiques qui suivirent, et en premier lieu la génétique, ont
commencé à nous confirmer que la véritable unité de classement du vivant est
l’espèce que le Créateur (qu’il soit exalté) a divisée en milliards d’individus
qu’Il a répartis sur terre et rassemblés en un certain nombre de communautés ou
populations. Chacune d’entre elle vit dans une région du monde, dans un
environnement particulier, et descend d’une origine unique que le Créateur a
créé de par Sa Science, Sa sagesse, et Son pouvoir. Et l’espèce reste la seule
unité de classement certaine dans toutes les classifications modernes des
créatures vivantes. Et toutes les autres unités de classement sont de pures
conjectures auxquelles se mêlent de nombreuses considérations personnelles. Car
la personne qui établit une classification, choisit des caractéristiques et en
ignore d’autres pour faciliter l’inventaire de ce nombre colossal de créatures.
Ainsi,
chaque espèce d’êtres vivants comprend un ensemble de communautés ou de
populations qui ont en commun une même morphologie, une même anatomie, les mêmes
fonctions des organes, une constitution chimique et biologique identique, des
caractéristiques génétiques fondamentales identiques, des conditions
d’environnement voisines même si de grandes distances terrestres les séparent,
la faculté de s’accoupler entre eux et de produire une descendance fertile fruit
de cet accouplement. Ces caractéristiques sont communes aux individus de chacune
des communautés, de même que tous les membres d’une communauté font partie d’une
même et seule espèce, même s’il apparaît parmi ces communautés quelques
disparités dues aux différences d’environnement, ou a l’isolement génétique, du fait que
tous ces individus sont issus d’un code génétique unique.
Ainsi
il ne peut jamais y avoir d’accouplement entre les individus de deux espèces
vivantes différentes produisant une descendance fertile. Et chaque individu ne
peut jamais engendrer en dehors de l’espèce dont il fait partie. Et les membres
d’une espèce se distinguent très peu les uns des autres à l’intérieur d’une des
communautés (populations) de cette espèce. Et ces distinctions proviennent des
variations de la part que chaque individu a reçue de l’héritage génétique qu’a
placé notre Seigneur (qu’Il soit béni et exalté) dans l’origine de cette espèce.
Et il arrive que les différences entre individus de deux communautés augmentent
légèrement en raison de l’isolement génétique et des conditions
environnementales et climatiques :
Et
cette remarque à elle seule suffit à nier l’idée de classement vertical des
populations du vivant, idée basée sur l’hypothèse de liens de parenté entre les
individus d’un règne (d’une espèce ou d’une lignée jusqu’au règne) et entre tous
les règnes, et ceci dans le but de faire triompher l’idée d’évolution organique.
Mais la science a mis en pièces cette idée et a réglé cette question grâce à
l’apport d’éléments nouveaux. Le
principal élément est la lecture du code génétique de l’homme et de nombreuses
autres créatures vivantes. Cette lecture débuta par une tentative de
classification au milieu du dix-huitième siècle, lorsque le médecin et
naturaliste suédois Carl von Linné publia son livre intitulé :
« Systema Naturae » en 1758, cent ans avant la publication de
« L’origine des espèces » de Charles Darwin. Linné clamait dans son
livre la nécessité de classifier les êtres vivants et de les nommer selon un
système qu’il avait établi et qu’il a appelé nomenclature
binominale
Ce
système repose sur l’hypothèse que toutes les espèces du vivant ont une origine
unique. Or dans le verset coranique que nous examinons Allah (qu’il soit exalté
dit) : {Nulle
bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous
en communauté.}
Ce verset indique que chaque espèce vivante, avec ses communautés et ses
individus, est une entité propre, isolée des autres individus,
communautés ou espèces. Il indique également que tous les liens de parenté
concernant cette espèce se limitent à ses seuls membres, et ne s’étendent pas
aux autres espèces. Et c’est une réalité qui apparaît dans les conclusions
auxquelles aboutissent les sciences nouvelles telles que la génétique, la
biologie moléculaire, la biochimie et autres qui abordent clairement cette
réalité.
Et
le Coran a mentionné cette vérité avant tout autre, il y a 1 400 ans, ce qui
confirme que ce Livre ne peut pas être l’œuvre d’un homme, mais les paroles du
Créateur qui l’a révélé selon Sa science au dernier de Ses prophètes et envoyés
(que la prière, la paix et la bénédiction d’Allah soient sur eux tous). Comme Il
s’y est engagé, Il en a préservé chaque mot et chaque lettre dans la langue où
il fut révélé, la langue arabe, sur une période s’étendant sur plus de quatorze
siècles et jusqu'à ce qu’Allah hérite de la terre et de ce qui s’y
trouve.
Qu’Allah
soit loué pour cette grâce qu’est le Coran, qu’Il soit loué pour cette grâce
qu’est l’islam. {Louange à Allah qui nous a guidés à ceci. Nous n’aurions
pas été guidés, si Allah ne nous avait pas guidés} (Al-A’râf :
43)
Prière
et paix sur le Prophète, sceau des messagers, qui reçut le noble Coran de la
part de son Seigneur, puis nous le transmit en toute intégrité, dans sa pureté
divine, sa lumière, et sa vérité, ce Coran qui est tout entier vérité. Prière et
paix sur la famille, les compagnons bénis et les épouses bonnes et pures du
Prophète, ainsi que sur tous ceux qui le prennent comme guide et implorent comme
il l’a fait, jusqu’au jour de la Rétribution.
[1] TSC :
Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus
connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace
nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint
Coran.