Ce
texte coranique figure dans le dernier dixième de sourate Al-Baqarah, une
sourate Médinoise([2]),
qui compte 286 Ayats, outre la Basmala ([3]),
ce qui fait d’elle la plus longue de toutes les sourates du Saint
Coran.
Le
nom de cette sourate “Al-Baqarah” ou “la Vache” est tiré de la référence au
miracle qu’Allah (Exalté soit-Il) a accompli par l’intermédiaire de son Prophète
Moïse. En son temps, un homme des fils d’Israël fut tué. L’assassin demeurant
inconnu, Allah inspira à son serviteur Moïse de transmettre à son peuple l’ordre
divin d’immoler une vache et de frapper le tué avec une partie de cette vache;
celui-ci serait ressuscité avec la permission d’Allah et leur désignerait son
assassin, faisant ainsi connaître la vérité et attestant qu’Allah est capable de
ressusciter les morts.
La
sourate traite avec abondance du sujet des Juifs et des Chrétiens qui ont des
livres révélés, auxquels fut consacré plus que le tiers de la sourate. Celle-ci
se termine par une attestation de la vérité de la foi et une invocation
touchante qui secoue à la fois le coeur, l’âme et la
raison.
On
pourrait résumer brièvement les données de la sourate par ce qui
suit
:
1]
Être
endurant dans la misère, la maladie et quand les combats font
rage.
2]
Remplir
les engagements et s’acquitter des pactes.
3]
Faire
preuve d’audace et de hardiesse dans l’espoir d’accéder au martyre dans le
sentier d’Allah.
4]
Avoir
le courage de défendre le vrai, de déclarer son opinion et ne jamais cacher le
témoignage.
5]
Se
caractériser par la générosité, la largesse et la dépense dans le sentier
d’Allah.
6]
Tâcher
de répandre les bienfaits, d’avoir des paroles agréables avec les gens et de
leur pardonner.
7]
Honorer
les parents et être bienfaisant à l’égard des proches parents, des orphelins,
des nécessiteux et des gens dans leur totalité sans faire suivre ses largesses
ni d’un rappel ni d’un tort.
8]
Éviter
toute forme et toute sorte d’argent illicite.
1]
Sourate
Al-Baqara a détaillé les règlements régissant la famille musulmane à partir des
fiançailles jusqu’au mariage, le divorce, l’allocation versée à la femme après
le divorce, l’allaitement, le délai de viduité etc.…
La
sourate transmet également l’ordre de s’éloigner des épouses pendant les
menstrues, de même que l’interdiction d’épouser les associatrices et les
associateurs tant qu’ils n’ont pas la foi.
2]
La
noble sourate a énuméré les aliments interdits comme la chair d’une bête morte,
le sang, la viande de porc, et ce sur quoi on a invoqué un autre qu’Allah.
Cependant, il n’y a pas de péché sur celui qui est contraint, sans toutefois
abuser ni transgresser. La sourate a également interdit le vin et les jeux de
hasard.
3]
La
sourate a légiféré le talion au sujet des tués.
4]
La
sourate a de même insisté sur la rédaction d’un testament en règle avant la
mort, et elle a interdit, voire criminalisé le fait d’altérer le testament ou de
le cacher après l’avoir entendu.
5]
La
sourate a également interdit de dévorer illicitement les biens
d’autrui.
6]
La
sourate a établi des normes pour contracter une dette à
échéance.
7]
La
sourate a catégoriquement interdit l’intérêt
usuraire.
8]
La
sourate incite à la prise en charge des orphelins et précise les règles de la
dépense dans la voie d’Allah.
9]
La
sourate a interdit de cacher ce qui est nécessairement connu dans la
religion.
Nombre
de Prophètes et de Messagers d’Allah sont évoqués dans sourate Al-Baqarah à
travers divers incidents comme exemple à méditer afin d’en tirer des leçons.
Ceci pourrait être résumé comme suit :
1]
L’histoire
de notre père Adam et notre mère Eve (Que le Salut d’Allah leur soit
accordé).
2]
L’histoire
des fils d’Israël, et en particulier:
$
leur
histoire avec le Pharaon d’Egypte;
$
leur
émigration avec le Prophète d’Allah, Moïse (Que le Salut d’Allah lui soit
accordé), qui les fit traverser la mer;
$
l’eau
douce qui jaillit de la terre;
$
la
désobéissance des fils d’Israël malgré tout ceci, et leur apostasie en prenant
le veau pour idole;
$
la
foudre qui les saisit, puis leur résurrection après leur
mort;
$
la
métamorphose de ceux qui transgressèrent le Sabbat ([5])
en singes et porcs abjects;
$
comment
ils renièrent ensuite les révélations d’Allah, tuèrent sans droit les Prophètes,
falsifièrent la Torah, désobéirent aux ordres d’Allah et transgressèrent ses
lois;
$
comment
ensuite Allah brandit sur eux le Mont pour les menacer et leur faire
peur;
$
leur
histoire avec le tué et l’ordre qu’Allah leur donna d’immoler une vache et de
frapper le tué avec une partie de cette vache sacrifiée, c’est ainsi qu’Allah
ressuscita celui-ci pour qu’il désigne son meurtrier et meure à
nouveau;
$
Leur
histoire avec Tālūt leur roi, Goliath et David (Que le Salut d’Allah lui soit
accordé) ;
3]
L’histoire
de certains Prophètes des fils d’Israël comme David et Sulaiman (Que le Salut
d’Allah leur soit accordé.)
4]
L’histoire
du Prophète Ibrahim et son fils Ismaïl (Que le Salut d’Allah leur soit accordé)
:
$
et
comment ils élevèrent les assises de “la Maison Noble” ou “la Kaa’ba” de la
Mecque;
$
comment
ils prièrent Allah d’envoyer le dernier des Prophètes et des Messagers (BP sur
lui) à la Mecque honorée,
$
et
comment se déroula le dialogue d’Ibrahim (Que le Salut d’Allah lui soit accordé)
avec Nemrod, fils de Canaan, le premier à se prétendre, faussement et à tort, le
dieu du monde.
5]
L’histoire
du Prophète Jacob (Que le Salut d’Allah lui soit
accordé).
6]
L’histoire
du changement de la Qibla ([6])
vers la mosquée sacrée.
7]
L’histoire
du Prophète Jésus, fils de Marie (Que le Salut d’Allah leur soit
accordé).
8]
L’histoire
de Ozaïr, cet homme pieux qui passa par Jérusalem alors qu’elle avait été
dévastée par Nabuchodonosor.
Dans
cette sourate bénie, on note un grand nombre de signes cosmiques que l’on résume
comme suit :
1]
La
distinction entre la clarté et la lumière, lesquelles sont différentes l’une de
l’autre, de même que l’opposition des ténèbres à la lumière. Ceci est compté
parmi les réalités scientifiques qui n’ont été découvertes que
dernièrement.
2]
La
présentation du sens de l’ouïe comme préalable à celui de la vue, ce qui fut
scientifiquement prouvé en découvrant que, chez l’être humain, la phase de la
création du sens de l’ouïe précède celle de la vue.
3]
La
description précise de la relation étroite entre la pluie abondante d’une part,
et les ténèbres, le tonnerre, l’éclair et le fracas de la foudre d’autre
part.
4]
La
référence à la possibilité de perdre la vue à cause de
l’éclair.
5]
L’indication
des phases successives de préparation de la terre, afin qu’elle soit cultivée et
développée une fois l’homme créé. Parmi ces phases, on note
:
$
l’aplanissement
de sa surface,
$
l’édification
du ciel qui l’entoure,
$
la
tombée des pluies
$
la
production de toutes sortes de fruits pour nourrir les serviteurs d’Allah.
C’est
ainsi qu’Allah rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de
toutes espèces.
6]
L’Évocation
des miracles :
$
du
fendage miraculeux de la mer par le Prophète Moïse (Que le Salut d’Allah lui
soit accordé) pour lui donner passage,
$
de
sa fuite avec ses compagnons,
$
de
la noyade de Pharaon et ses soldats,
$
du
jaillissement ensuite de douze sources d’eau une fois que Moïse frappa le rocher
avec son bâton, Que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient accordés à lui et
à notre Prophète. D’ailleurs, ces puits existent encore aujourd’hui tout le long
d’une unique faille dans la région Est du Golfe de
Suez.
7]
La
référence aux maladies qui atteignent le coeur comme la phobie, l’anxiété, le
doute. Ce n’est que plus tard que les études scientifiques ont prouvé que ces
maladies constituent des réalités scientifiques qui étaient inconnues lors de la
révélation du Saint Coran.
De
même, l’assimilation des coeurs endurcis des Juifs aux pierres; ils sont même
plus durs encore car il y a des pierres d’où jaillissent les ruisseaux, d’autres
se fendent pour qu’en surgisse l’eau, et d’autres s’affaissent par crainte
d’Allah, et ce contrairement à l’endurcissement des coeurs des Juifs, lesquels
ne s’attendrissent jamais.
8]
L’évocation
du vrai levant et du vrai couchant par rapport à la terre, ce qui indique la
position centrale de celle-ci dans l’univers; une vérité que la science humaine
acquise est incapable de cerner.
9]
La
référence à la création des cieux et de la terre, à l’alternance de la nuit et
du jour, aux navires qui voguent chargés de choses profitables aux gens, tout en
affirmant que ceci appartient entièrement à Allah.
10]
La
référence à la variation des vents et aux nuages soumis entre le ciel et la
terre; des vérités qui ne furent réalisées, plus ou moins en détail, que dans
les dernières décades du XXième siècle.
11]
La
description des nouvelles lunes comme moyens servant aux gens pour compter le
temps et aussi pour marquer le Hajj (le
pèlerinage).
12]
L’indication
du mal de la menstruation des femmes, et le conseil de s’éloigner des femmes
pendant les menstrues, ce qui fut appuyé plus tard par les études
médicales.
13]
La
confirmation que les grands péchés que comportent le vin et les jeux de hasard
dépassent tout avantage qui pourrait être tiré en s’exposant à ces
péchés.
14]
L’affirmation
de la vérité impliquant que s’il y a un jardin (c.à.d. un verger aux arbres
feuillus et touffus) planté sur une colline élevée par rapport aux plateaux et
aux plaines qui l’entourent, et que ce jardin est atteint d’une averse (c.à.d.
une pluie soudaine et abondante), alors il doublera ses fruits.
C’est
que l’éventualité que ce jardin soit inondé par l’eau abondante de cette pluie
n’existe pas. Ceci s’explique par la rapidité de la décrue de l’eau une fois le
jardin irrigué à sa suffisance, et ce, vu l’altitude du jardin au dessus du plus
haut niveau des plaines qui l’entourent.
De
même, quand la pluie abondante ne tombe pas à torrents, la rosée (c.à.d. la
pluie fine ou la bruine) lui suffit pour irriguer ses plantes, mûrir ses fruits
et produire une abondante récolte.
Ceci
dit, un jardin planté sur une haute colline éclot, s’épanouit, porte ses fruits
et donne généreusement sa récolte que la pluie soit abondante ou
faible.
Parallèlement,
dans sourate Al-Baqarah, la dépense faite par les bienfaiteurs parmi les
serviteurs d’Allah, qui ne cherchent en dépensant leurs biens que l’agrément
d’Allah et la persévérance dans le droit chemin, est décrite comme étant
purifiée et appréciée par Allah, qu’elle soit grosse ou menue, exactement comme
la récolte du jardin planté sur la haute colline qui éclot et s’épanouit quelle
que soit la pluie, peu ou prou.
Chacune de ces
questions scientifiques mérite un traitement spécial, c’est pourquoi je compte
limiter mon discours au dernier point relatif à la description du jardin planté
sur la haute colline.
Toutefois,
avant d’aborder ce volet, il s’avère impératif d’exposer rapidement les propos
de certains exégètes, anciens et contemporains, au sujet de l’interprétation de
cette honorable Ayat.
$
Ibn
Kathîr
qu’Allah lui accorde Sa miséricorde, a noté ce que l’on résume par ce qui suit :
}
Ceci est l’exemple des croyants qui dépensent leurs biens cherchant l’agrément
d’Allah, et {
(…) bien rassurés de sa récompense. } signifie qu’ils sont sûrs et certains
qu’Allah les gratifiera pour cette dépense de la plus ample
récompense.~
$
Al-Sheaby
explique {
(…) bien rassurés de sa récompense. }
par le fait d’y croire et d’en avoir la certitude absolue.
$
Quant
au dire d’Allah Exalté soit-Il {
(…) ressemblent à un jardin sur une colline. }
c.à.d. comme un verger planté sur une colline, laquelle se traduit chez la
majorité des Oulémas([7])
par : “la petite élévation de terrain”, alors qu’Ibn Abbas et
Al-Dahak ajoutent à cette
définition : “où coulent les ruisseaux”.
$
Le dire d’Allah Exalté soit-Il
{
(…) qu’une averse l’atteigne.}
désigne la pluie abondante.
$
{
(…) il double ses fruits.}
c.à.d. double ses produits comestibles, et le verbe “doubler” est estimé
relativement aux autres jardins.
$
Et
enfin : {
(…) à défaut d’une averse qui l’atteint, c’est la rosée.
}
$
Quant
à l’auteur de “Safwat Al Bayan” ou “La Meilleure Rhétorique des Sens
Coraniques”, qu’Allah lui accorde Sa miséricorde, il avance ce qui suit
:
}
{
bien rassurés}
signifie que comme les donateurs dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah
cherchant ainsi son agrément, ils dépensent de même pour s’appliquer à préserver
cette bonne oeuvre et à abandonner tout ce qui est susceptible de l’abîmer. Ceci
dit, cette assurance dans la Ayat {
bien rassurés}
véhicule plutôt le sens de l’affermissement de leur propres âmes pour y
enraciner l’Islam, pour y croire, pour accéder à la récompense promise, laquelle
provient essentiellement de ces âmes mêmes puisque celles-ci incarnent la force
impulsive, la source et le point de départ de ces bonnes oeuvres.
{
jardin }
s’emploie pour désigner :
·
soit
l’ensemble des arbres feuillus et touffus, un sens qui convient le plus au
contexte de la Ayat,
·
soit
la terre sur laquelle pousse ces arbres.
{
sur une colline }
c.à.d. sur une surface de la terre plus élevée que la ravine. D’ailleurs, les
arbres des collines sont généralement plus agréables et leurs fruits plus
épanouis.
{
ses fruits }
signifie ses produits. De même, tout produit comestible est dit
“fruit”.
Et
l’on entend par {
c’est la rosée }
qu’il suffit au jardin d’une pluie fine pour qu’il s’épanouisse et donne ses
fruits, la rosée étant la plus faible pluie, dite “la
bruine”.
Le
sens est donc que
:
Ce
jardin s’épanouit et donne ses fruits que la pluie soit abondante ou fine, de
même que les dépenses des donateurs qui recherchent l’agrément d’Allah et
l’affermissement de leurs propres âmes sont purifiées et appréciées par Allah,
qu’elles soient grosses ou menues.
~
La
surface terrestre n’est pas parfaitement plate. Parmi les différents reliefs, on
peut distinguer :
$
Les
sommets culminants des chaînes montagneuses.
$
Les
pieds de ces chaînes montagneuses dont la pente des versants aboutit aux plaines
vastes et étendues, lesquelles sont à une certaine altitude au dessus du niveau
de la mer.
$
Entre
ces sommets culminants et ces plaines étendues, nous trouvons les collines, les
buttes et les monticules (une variété de petites bosses de terrains dont
l’altitude est inférieure à celle de la colline).
$
Nous
trouvons aussi les plateaux ou les plateformes, de même que les plaines,
$
puis
les dépressions sur les continents, et les bassins maritimes inondés par les
eaux des mers et des océans.
La
disparité des reliefs de la surface terrestre provient de l’hétérogénéité de la
composition chimique et métallique des roches qui sont à l’origine de ces
reliefs, ce qui entraîne à son tour une diversité au niveau de la densité de ces
roches.
Ceci
s’explique par le flottement des plaques de “la lithosphère”([8])
sur une couche non rigide de roches quasiment fondues dite
“l’asthénosphère”([9]),
un processus que gère la loi du flottement, laquelle contrôle de même
l’émergence des icebergs([10])
au dessus de l’eau des océans.
Il
est à noter que :
$
La
hauteur du point culminant du globe terrestre, le sommet Everest dans la chaîne
de l’Himalaya([11]),
atteint 8848 mètres au dessus du niveau de la mer;
$
Alors
que la profondeur du point le plus bas sur les continents, le bassin de la mer
morte([12]),
est estimée à 400 mètres au dessous du niveau de la
mer.
$
Et
ce sachant que l’altitude moyenne des continents est environ 840 mètres au
dessus du niveau de la mer.
$
Par
contre, la plus profonde des fosses océaniques, la fosse des Mariannes du
Pacifique en bordure de l’archipel des Philippines, atteint un peu plus que 11
kilomètres de profondeur;
$
Alors
que la moyenne des profondeurs des océans est estimée à environ 4 kilomètres
(3729 à 4500 mètres) au dessous du niveau de la
mer.
La
grande variété de ces niveaux a assuré à son tour un nombre extraordinaire
d’environnements dont chacun convient à des formes de vie particulières, comme à
titre d’exemple les arbres fruitiers, le châtaigner et les vergers en général
qui s’épanouissent plutôt sur les plateaux, les plateformes et les collines à
des altitudes inférieures à 1000 mètres au dessus du niveau de la
mer.
Cependant,
la croissance des grains et des tubercules de pomme de terre s’arrête à environ
2000 mètres au dessus du niveau de la mer (environ 2160
mètres).
Quant
aux forêts, l’altitude maximale à laquelle elles poussent est de 2660 mètres au
dessus du niveau de la mer.
Ceci
dit, la spécification de l’environnement des collines comme destiné à la culture
du jardin donné comme exemple dans l’honorable Ayat que nous traitons est une
spécification miraculeuse, étant donné que cet environnement est le meilleur de
ceux que nous connaissons et qu’il est favorable à la croissance optimale des
arbres fruitiers ainsi que des arbres produisant d’autres fruits comme les
oliviers, les amandiers, les conifères et autres; et ce du fait que
l’environnement des collines se caractérise par son atmosphère agréable, l’eau
suffisante et la surabondance des chances d’exposition à la chaleur du soleil,
aux précipitations, à l’humidité du climat, au mouvement des vents et au
renouvellement de l’air qui l’entoure.
Les
collines se caractérisent par leur relief plat et leur altitude moyenne au
dessus du niveau de la mer, entre 300 et 600 mètres. La hauteur de la colline
est inférieure à celle de la montagne mais dépasse celle de la butte. C’est
ainsi que l’eau de pluie ne l’inonde jamais si elle tombe à verse puisqu’elle
s’écoule, sous l’effet de l’attraction terrestre, en aval de la colline dans la
région environnante, et ce bien entendu après avoir imprégné le sol et les
roches de la colline avec suffisamment d’eau non seulement pour la rafraîchir,
mais pour y demeurer ensuite en réserve.
D’ailleurs,
c’est justement le contrôle de cette eau emmagasinée qui permet à la plante de
déployer efficacement toutes ses activités vitales sans inondation ni
sécheresse.
C’est
que la sécheresse tue la plante; de même que l’inondation ou l’augmentation de
la réserve des roches et du sol en eau qui entraîne la pourriture des racines,
leur putréfaction et leur décomposition, ce qui détruit en fin de compte la
plante.
Quand
il pleut à torrents sur la colline, le sol et les roches, de même que les
plantes qui y poussent, chacun prend sa suffisance en eau alors que le surplus
glisse vers les niveaux inférieurs pour arriver aux vallées et aux plaines
entourant la colline.
D’autre
part, le contrôle de la quantité d’eau en réserve emmagasinée dans le sol et les
roches aide à stimuler le prolongement des radicules([13])
des plantes en général, et celles des arbres en particulier, à des profondeurs
plus grandes, aussi bien dans le sol que dans les roches; ce qui double à son
tour la quantité des éléments et des composés accessibles aux racines pour que
celles-ci les absorbent avec la sève qu’elles extraient de la terre. Ceci
favorise également un enracinement plus profond de la plante dans la terre, et
une résistance plus forte aux rafales de vent et aux autres changements
écologiques.
D’ailleurs,
parmi les caractéristiques de l’environnement des collines, c’est que si les
pluies y tombent à verse, ses fruits sont doublés, et si l’humidité de l’air qui
l’entoure diminue pour se réduire à une simple rosée ou bruine, ses fruits
s’épanouissent de même avec abondance. C’est que les plantes des collines sont
dotées de cette caractéristique qui leur permet de profiter aussi bien de l’eau
des pluies, si peu qu’elle soit, que de celle de la rosée dont le taux de
condensation autour de la colline est supérieur à celui des rosées des plaines
ou des vallées encaissées, notamment dans les régions
sèches.
Ceci
dit, la fructification des arbres fruitiers et des arbres produisant d’autres
fruits comme les oliviers, les amandiers et les conifères est manifestement
abondante sur les collines à une certaine altitude au dessus du niveau de la
mer, et ce contrairement à la fructification dans les plaines étendues et les
vallées encaissées.
Ceci
s’explique par le profit que la colline tire de l’éventuelle averse qui
l’atteint, celle-ci ne lui est pas
nuisible vu la rapidité du retrait de l’eau une fois la colline suffisamment
irriguée, elle s’améliore donc et double ses fruits.
D’autre
part, si jamais cette averse ne l’atteint pas, la bruine ou la rosée condensée
autour d’elle suffisent à satisfaire pleinement ses besoins en eau.
Ainsi
ravivée, la colline s’épanouit et donne ses fruits avec la permission
d’Allah.
À
cet égard, la sainte Ayat établit une comparaison entre les croyants qui
dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah (quel que soit le volume de leurs
ressources pécuniaires), ne cherchant que Son agrément et l’affermissement de
leurs âmes, et le verger dont les arbres s’épanouissent sur une haute colline
dans de bonnes conditions écologiques favorisant tous les aspects de croissance
et de production; ce jardin donne ses fruits avec abondance aussi bien au cas où
il pleut à verse qu’au cas où la pluie est fine, sa production ne s’arrête guère
et ne s’épuise jamais quelles que soient les
circonstances.
De
même pour les croyants qui partent de la foi absolue que seul Allah (Exalté
soit-Il) est le grand pourvoyeur de la nourriture, le détenteur de la force, et
l’inébranlable, ils dépensent donc dans Son sentier, que leurs moyens soient
gros ou petits, ne sollicitant rien que l’agrément d’Allah et l’affermissement
de leurs âmes, la dépense des biens dans le sentier d’Allah étant un des moyens
de dompter l’âme humaine.
À
ce sujet, Allah (Exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit
comme:
{
et ceux qui dépensent leurs biens cherchant l’agrément d’Allah et bien rassurés
(de sa récompense), ils ressemblent à un jardin sur une colline. Qu’une averse
l’atteigne, il double ses fruits; à défaut d’une averse qui l’atteint, c’est la
rosée. Et Allah voit parfaitement ce que vous faites. } [TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ :
265]
Cette
noble Ayat indique donc clairement qu’il est préférable de planter les arbres
fruitiers sur les collines qui sont des terrains aplanis d’altitude inférieure à
la montagne et supérieure à la butte (leur altitude varie entre 300 et 600
mètres au dessus du niveau de la mer). Ceci constitue une vérité scientifique
que les expériences, au fil des décades successives, ont finalement
prouvée.
Or, une telle vérité scientifique fut évoquée dans le livre sacré d’Allah (Exalté soit-Il), inspiré il y a 1400 années, à un Prophète analphabète (BP sur lui), au sein d’une nation dont la majorité est également illettrée, vivant tous dans un désert stérile, aride, qui ne connaît ni jardins ni arbres fruitiers, hormis les palmiers dattiers et quelques raisins dans des régions assez restreintes. D’où la vérité absolue étayée par cette description coranique témoignant ainsi que le Saint Coran est la parole d